Des lignes directrices pour veiller à ce que les animaux marins soient mieux protégés face aux activités d’observation de la faune marine en bateau seront présentées lors d’un sommet majeur sur les espèces migratrices qui se tiendra à Manille à la fin du mois d’octobre.

La navigation de plaisance pour observer baleines, dauphins, requins, raies et tortues, ainsi que les colonies d’oiseaux marins est une activité commerciale en forte progression dans le monde, avec des impacts positifs sur les économies locales.

Pourtant, s’il n’est pas réglementé, ce type de tourisme lié à la faune marine peut avoir des effets négatifs immédiats et cumulatifs sur de nombreuses espèces. Le bruit prolongé et l’interaction humaine intensive peuvent affecter la manière dont ces animaux utilisent leur habitat, changer leur comportement naturel, induire un stress chronique et même causer des blessures et des décès à la suite de collisions. À long terme, les animaux peuvent alors quitter la zone concernée, se reproduire moins et leurs populations risquent de décliner.

Bradnee Chambers, Secrétaire exécutif de la Convention sur les espèces migratrices (CMS), affirme que les nouvelles lignes directrices aideront les pays à réduire l’impact de ce type de tourisme sur certaines des plus belles espèces marines au monde.

« Notre devise est la durabilité. L’observation de la faune marine en bateau ne doit pas avoir de conséquences négatives pour les populations marines et leurs habitats. Nous reconnaissons l’importance économique du tourisme de nature pour les communautés locales et les bénéfices supplémentaires qu’il apporte en matière de conservation et de sensibilisation. Toutefois, s’il n’est pas géré et si les populations animales s’éloignent des sites fréquentés ou diminuent en nombre, tout le monde y perdra », a déclaré M. Chambers.

Les lignes directrices ont été élaborées à la suite de l’adoption d’une résolution à la onzième session de la Conférence des Parties à la CMS (COP11) à Quito, en Équateur, en 2014. Elles seront présentées pour adoption à la COP12 qui se tiendra aux Philippines, du 23 au 28 octobre 2017.

La proposition comprend des modèles de « meilleures pratiques » pour l’observation de la faune marine lors d’excursions en bateau ainsi que des exemples de limitations actuellement utilisées, telles que la vitesse maximale, la distance minimale et le nombre maximal de navires pouvant interagir avec un animal.

Elles fournissent également aux opérateurs des bateaux des lignes directrices spécifiques aux espèces rencontrées ainsi que des exemples de signes de stress de la faune marine pour les siréniens, les phoques, otaries et morses, les requins et raies, les oiseaux marins, et les tortues marines. Des mesures ciblées peuvent aider à réduire le dérangement des espèces aux époques sensibles, par exemple en période de reproduction.

Le cas des baleines, des dauphins et des marsouins est particulièrement préoccupant lorsque l’observation en bateau n’est pas gérée, et ce sujet sera couvert séparément par un manuel d’observation disponible en ligne, actuellement développé conjointement par la Commission baleinière internationale (CBI) et la CMS.

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