Traduit par Maya Samaha|

Après un retard de 44 jours à compter de la date limite, le Conseil du développement et de la reconstruction (CDR) a reçu les offres des entreprises pour les deux adjudications de la collecte et du transfert des déchets dans deux régions au Mont Liban, la première comprenant les cazas de Keserwan et d’El Maten et la seconde incluant les cazas de Baabda, Aley et Al Shouf.

La raison principale de reporter le recueillement des offres cinq fois de suite est causée par la volonté de la municipalité de Beyrouth de se retirer de cet appel d’offres géré par le Conseil du développement et de la reconstruction et son intention de lancer seule un appel d’offres, ce qui a imposé au consultatif Rafik El Khoury de modifier les cahiers de charges en annulant le service du balayage, de changer l’espace compris ainsi que certaines conditions administratives et techniques, notamment la nécessité de procurer dans la région de Keserwan et d’El Maten un terrain pour l’utiliser dans les travaux de collecte et de transfert, comme la propriété qui se trouve à côté du bâtiment des pompiers à Beyrouth et est utilisée aujourd’hui par la société Sukleen appartenant à la municipalité de Beyrouth et il est prévu qu’elle demande de l’utiliser dans l’appel d’offres qu’elle va lancer.

Il s’est avéré des résultats de la session consacrée à recevoir les offres et présidée par le président du comité des appels d’offres Youssef Karam, qu’au total, huit entreprises ont présenté leurs offres: trois entreprises au Maten et à Keserwan, ainsi que cinq entreprises à Baabda, Al Shouf et Aley.

Le point le plus important dans cette nouvelle adjudication c’est le retour de Sukleen aux appels d’offres après son boycott de tous les appels d’offres précédents qui ont eu lieu depuis l’approbation d’un nouveau plan pour les déchets par le Conseil des ministres à la fin de l’année 2014.

Et comme les conditions de l’appel d’offre nécessite que l’entreprise se présente à une seule région parmi deux, « Sukleen » a choisi de se présenter à l’appel d’offre de la deuxième région (Baabda, Aley et Al Shouf), où il y a une grande concurrence entre quatre coalitions d’entreprises libanaises et étrangères, notamment: une coalition qui comprend l’entreprise de l’union pour l’ingénierie et le commerce (CET) de Gabriel et Michel Choueiri avec la société Nelson bulgare, une coalition de la société Homoud Trading & Contracting (appartenant à Kassem Hammoud) avec une entreprise vénézuélienne, une coalition de l’entreprise Mouawad et Eddé avec la société Soriko bulgare, ainsi qu’une coalition entre la société « le Sud pour la construction » appartenant à Riad Al-Assaad avec l’entreprise Alwan saoudite.

D’autre part, trois coalitions des entreprises libanaises et étrangères sont en concurrence dans la première région (Keserwan et El Maten), notamment: la coalition de « Ramco Trading and Contracting SAL » (appartenant à Mohammed Ammash) avec la société turque Atlas Yapı San. La coalition de l’entreprise de « Khoury Contracting » de Dany Khoury avec une société chinoise, ainsi que l’entreprise libanaise Lavajet (appartenant à Antoine Azour).

Des remarques techniques

Plusieurs remarques techniques ont été présentées par un nombre d’opposants qui se sont présentés pour l’appel d’offre. Le site greenarea.me a contacté ceux-ci qui ont préféré de ne pas dévoiler leurs noms.

La première remarque concerne le cahier de charge qui comprend une clause qui détermine les spécifications des camions transportant des déchets qui doivent être conformes aux spécifications européennes modernes liées au fait d’assurer la réduction des émissions de leurs échappements nécessitant un type particulier de diesel non disponible sur le marché libanais, ce qui conduira à la levée du coût.

Plusieurs questions sont soulevées par les entreprises comme si cette condition sera imposée sur tous les entrepreneurs, surtout ceux qui possèdent de vieux véhicules utilisés dans les différentes régions libanaises.

La deuxième observation concerne les conteneurs.

En effet, si une entreprise quelconque remporte l’appel d’offres de la collecte, il est prévu qu’elle reçoive les conteneurs présents actuellement dans les rues (au nombre de 1100) et qui nécessitent une réhabilitation, un entretien en enlevant l’ancien logo pour mettre un nouveau, ce qui augmentera le coût en comparaison avec d’autres sociétés.

De même, les entreprises ont peur de la façon entamée par les municipalités pour gérer les opérations de balayage, leurs impacts sur les travaux de collecte, le sort des énormes déchets et le reste des matières qui résultent des travaux de la construction tout en veillant à ne pas les placer dans les conteneurs.

En revanche, l’appel d’offres ne comportait pas aucunes spécifications concernant les façons de collecte se basant sur le tri à la source, mais la collecte aura lieu en se basant sur la manière traditionnelle (entasser tous les déchets dans un seul conteneur), ce qui pourra nuire aux tentatives précédentes concernant la consécration des initiatives du tri à la source.

De même, ceci pourra perturber toute possibilité pour un bon traitement des déchets organiques.

Les alliances remarquables

Il est clair que la société al-Jihad, appartenant à l’homme d’affaires Jihad el-Arab, s’est contentée jusqu’à présent de remporter l’appel d’offres pour l’aménagement de la décharge à l’embouchure du fleuve Ghadir, littoral de Choueifate (du Costa Brava), et elle n’a pas présenté son offre pour les adjudications de la collecte et le transport, mais cela ne signifie pas que l’entreprise s’est complètement retirée des contrats de la collecte, du balayage et du transport, comme il y a encore l’appel d’offres de Beyrouth, donc nous devons attendre le lancement de cet appel d’offres pour voir si Jihad el-Arab va entrer à Beyrouth par la porte municipale.

En outre, rien n’empêche el-Arab de se présenter pour l’appel d’offres du traitement central qui comprend Beyrouth et les divers cazas du Mont-Liban, sauf Jbeil.

Et par rapport à la coalition de l’entreprise de « l’union pour l’ingénierie et le commerce » (CET) de Gabriel et Michel Choueiri avec la société Nelson bulgare, il est remarquable que la société CET a appris une leçon de l’appel d’offres de l’année 2015, lorsqu’elle s’est coalisée avec l’entreprise  roumaine Vetalia au sein de l’appel d’offres d’Al Shouf, de Aley et d’une partie de Baabda, mais elle a échoué dans l’offre technique. Ainsi, cette société a recouru cette fois-ci à la société Nelson bulgare dans l’espoir de remporter l’appel d’offres.

Et quant à la coalition de la société « le Sud pour la construction » appartenant à Riad Al-Assaad avec l’entreprise Alwan saoudite, une question se pose: est-ce que son offre présenté est juste pour enregistrer une position ou est-elle un concurrent sérieux ?

L’entreprise « Khoury Contracting » de Dany Khoury incarne le joueur fortement présent dans les appels d’offres des déchets.

Et selon les informations de Greenarea.me, Khoury a élargi ses alliances avec plusieurs entreprises chinoises et il se prépare pour entrer dans des appels d’offres pour transformer les déchets en énergie.

Le site Greenarea.me a également connu que le ministre de l’Intérieur Nouhad Machnouk insiste sur la nécessité de livrer tous les biens et les installations dans la Quarantaine liés à la municipalité de Beyrouth et actuellement utilisés par le CDR, ce qui veut dire que l’adjudication du traitement qui se base essentiellement sur le fonctionnement de l’usine de la Quarantaine pour le tri est menacé d’être annulée ou modifiée ou même reportée, ce qui pourra prolonger la crise.

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