Dr. Naji Kodeih

Traduite par Maya Samaha|

Notre site greenarea.me a publié une large enquête très importante après une visite à l’incinérateur de «Dhour Choueir», entamée par le collège Bassam Kantar.

Je veux se concentrer sur les données et les informations et les faits contenus dans cette enquête, pour analyser les quatre dimensions de cette « expérience unique » et ses impacts sur l’environnement et la santé publique.

La première dimension est celle légale: cet incinérateur a suscité une grande controverse au niveau national comprenant le ministère de l’Environnement, la société civile et les médias, en particulier ceux spécialisés au niveau écologique. Il a été établi que l’incinérateur a été introduit au Liban sous le nom d’un four industriel qui n’indique pas complètement la nature et la composition de cette installation ni sa fonction.

Peut-être que ceci est dans le but de contourner les procédures d’autorisation, surtout ce que la loi de la protection de l’environnement numéro 444 de l’année 2002 dans son quatrième chapitre spécifique à l’évaluation de l’impact environnemental et le décret numéro 8633 pour l’année 2012 portant sur la source juridique de l’évaluation de l’impact environnemental dans tous ses articles et ses annexes. Ainsi, la première annexe indique clairement dans son quatrième point, concernant les déchets solides que la création des centres pour la gestion, le traitement et l’élimination des déchets solides de tous genres, incarne l’un des projets qui nécessitent absolument un rapport pour l’impact sur l’environnement.

Dans cette dimension légale, les propriétaires de cet incinérateur ont ignoré les lois, ils ont ainsi mis l’incinérateur, en préparant pour son fonctionnement, sans permis et sans mettre une étude d’impact environnemental en ignorant aussi l’approbation du ministère de l’Environnement.

Puis, sous la pression des protestations, des objections et des décisions du ministère de l’Environnement, ils ont arrêté le travail, ensuite, ils ont essayé de prendre l’approbation du ministère de l’Environnement pour un essai de fonctionnement. Enfin, ils ont commencé à préparer l’étude d’impact environnemental qui est en cours.

Toute cette voie est considérée comme une violation des lois, des décrets et des règlements qui régissent l’installation et le fonctionnement du dispositif responsable du traitement des déchets ménagers et de leur élimination.

La deuxième dimension est celle technique: il s’avère du travail de l’incinérateur qu’il fonctionne d’une manière primitive. Une incinération non continue, et une alimentation qui se fait manuellement et semi – automatique, d’une part et d’autre part, représentant une quantité limitée des déchets, estimée à 5 tonnes pour chaque «alimentation».

Le processus d’incinération dure quatre heures, et ensuite les bruleurs seront arrêtés. Des heures seront nécessaires pour la baisse de la température afin de pouvoir ouvrir la porte pour vider les cendres de fond. Ce n’est pas un incinérateur de la « quatrième génération » comme ceci est commercialisé par ses propriétaires sur les médias. C’est un grand mensonge retentissant.

Et lorsque la température diminue à chaque fonctionnement, sa porte sera ouverte et les cendres persistants seront vidées manuellement, ce processus sera accompagné par des risques concernant la sûreté et la sécurité, outre les grands risques touchant la santé des travailleurs dans le service des opérations de cet incinérateur primitif, ainsi que les risques écologiques qui seront discutées plus tard.

L’incinérateur n’a pas été équipé d’aucun équipement de lutte contre la pollution, ni des filtres pour capturer les cendres volantes et pour freiner leur propagation dans l’atmosphère, ni par des tours pour laver les gaz qui limitent l’émission des gaz de la combustion et des composants chimiques hautement toxiques qui seront constitués au cours de l’opération de la combustion dans l’air atmosphérique.

Récemment, un équipement a été ajouté qui consiste à fonctionner un cycle d’eau pour capturer les particules et les gaz en les faisant retourner au réservoir d’eau. Ce système est également un système primitif d’une efficacité très limitée.

La troisième dimension, la dimension environnementale: cette dimension commence par les risques liés à l’échec de compléter l’étude d’évaluation de l’impact environnemental, et ici nous ne parlons pas de la dimension légale, mais de l’importance écologique extrême du rapport de l’évaluation de l’impact sur l’environnement dans l’élaboration d’un plan de gestion environnementale, qui vise à contrôler complètement les impacts écologiques et sanitaires de l’exploitation de l’incinérateur, en évaluant également le site où il a été créé.

Le rapport de l’impact environnemental étudie si le choix du site pour le projet est convenable (le projet est l’incinérateur dans ce cas), ainsi que la distance qui le sépare des systèmes environnementaux, des données naturelles et des zones résidentiels et des récepteurs sensibles, y compris les écoles, les hôpitaux, les services touristiques et culturels.

Ce rapport examine tous les types d’impacts attendus du projet découlant de son activité, en tant que bruit, émissions dans l’atmosphère et rejets liquides et solides touchant l’environnement, en tant que sol, cours d’eau ou mer.

Le chapitre le plus important du rapport est le plan de gestion environnementale qui comprend toutes les mesures et les procédures à mettre en œuvre pour contrôler tous les types de pollution émis de l’opération du projet, et de ses implications sur la santé publique et sur le bien-être de la population dans la zone touchée par le projet.

On estime que l’étude d’impact environnemental, actuellement en cours de préparation, comprend une évaluation pour le site sur lequel l’incinérateur est basé et le lien entre ce site et les impacts prévus des émissions qui se propagent dans l’air atmosphérique et les rejets liquides et solides dans l’entourage, outre leur impacts sur l’environnement et la santé publique, en prenant en considération la direction dominante du vent et les caractéristiques géographiques et naturelles de la région, leur importance écologique et leur diversité vitale.

Il est également prévu que le rapport contient, non seulement une analyse en laboratoire pour des échantillons des cendres et de la fumée, mais il faut qu’il s’élargisse pour comprendre l’analyse des échantillons des liquides provenant du fonctionnement du cycle de l’eau pour le lavage des gaz.

Il faut que le rapport ne se limite pas à ceci, mais il est indispensable qu’il dresse une évaluation pour la méthode de traitement des cendres qui restent dans la chambre de combustion et la méthode du traitement des cendres et l’élimination finale écologiquement rationnelle et sûre.

Il faut aussi évaluer le degré des risques sur la santé des travailleurs dans toutes les phases du fonctionnement.

D’autre part, il est indispensable que le rapport comporte un rapport portant sur l’eau du réservoir après le cycle du lavage des gaz et les méthodes de leur traitement avant leur élimination. De plus, il faut évaluer les méthodes de leur élimination finale après le traitement et les risques de les rejeter dans l’environnement concernant la pollution du sol et les possibilités de se transmettre vers les eaux de surface tout comme les eaux souterraines.

Il faut élaborer un programme de suivi, de contrôle et de surveillance des émissions et non seulement étudier les indicateurs traditionnels initiaux, mais élargir l’étude de tous les indicateurs concernant les particules et les composés chimiques hautement toxique.

Il est nécessaire que le plan de gestion environnementale comprenne une évaluation des risques associés à l’alimentation intermittente, manuelle et semi-automatique de l’incinérateur des déchets, et des opérations de vidage des cendres, leur collecte, leur traitement et leur élimination d’une manière sûre et rationnelle.

D’autre part, il faut avertir de l’élimination aléatoire de l’eau émanant du lavage des gaz dans le sol, comme cette eau contient de grandes quantités des particules des cendres volantes ultrafines, et des concentrations élevées des métaux lourds et des polluants chimiques, toxiques et dangereux sur l’environnement et la santé, ce qui menace le sol agricole.

Cette méthode employée pour se débarrasser de l’eau de lavage des gaz est accompagnée par le risque du redéploiement des particules ultrafines dans l’air, qui seront transférées avec le vent dans toutes les directions, après l’évaporation complète de la phase liquide, en menaçant la santé publique.

La quatrième dimension, la dimension psychologique et sociale: l’incinérateur de Dhour chweir incarne un modèle de la relation compliquée entre les gens et leur leader, comme l’expérience indique une relation de dépendance psychique, pouvant être même pathologique, basée sur la confiance aveugle vis-à-vis du leader en considérant que l’incinérateur est sûre malgré tous ses risques.

Cette dimension, à notre avis, nécessite une étude profonde par des spécialistes dans ce domaine, des psychologues tout comme des sociologues et psychosociologues.

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